blog d'un jeune auteur. Ici vous trouvez des extraits de mon roman: "Jusqu'à la corne". Je publie aussi des images et musiques autour de mon univers littéraire. Si vous voulez lire l'intégralité du texte veuillez me contacter djbdrr@hotmail.fr. Merci, Djibi

24th janvier 2012

Billet

Les rêves…

Ce fût un mois après mon retour de Jusqu’à la corne que les rêves commencèrent. J’en sortais toujours la peau aqueuse et l’esprit embrouillé. Le premier songe que je notai m’avait transporté en mon enfance à Dakar en 1982. Mais la nuit suivante ce fût un tout autre rêve qui m’emporta et me ramena agar. Il m’avait conduit dans un bois où une vielle femme décharné m’attendait. Le vent s’était levé et faisait chanté les feuilles, j’avais devant moi ma grand mère Awa. J’avais déja scruté ce visage sur une photo jaunie. Elle plongea la main dans un sac et en sortie une calebasse. Un autre homme apparût. Je reconnu l’homme qui était partis en brousse à Jusqu’à la corne. Il me salua, se saisit de la calebasse et se mit à écrire des inscription que je ne pouvais lire. Puis il me tendit le bol végétal mais je ne pouvais le saisir. J’étais limité dans mon rêve. Dans un semi réveille, je pensai à ma famille. A la suite de plusieurs songes intenses, je décidais de contacter Michelle. Elle me parla d’un secret du côté de mon père. Elle ne pouvait en dire plus de si loin. Deux semaines plus tard, je recevais une longue lettre…

21st janvier 2012

Photo

Oeuvre d’une jeune artiste belge de 26 ans, Stéphanie Lemoine

Oeuvre d’une jeune artiste belge de 26 ans, Stéphanie Lemoine

21st janvier 2012

Lien reblogué depuis Le blog de Kanigui avec 9 notes

Le blog de Kanigui: Abidjan: Entre statues et fontaines →

kanigui:

Cette semaine je suis passé au carrefour Saint Jean dans le quartier chic de Coco à Abidjan et mon attention à été attirée par les travaux de construction d’une fontaine en lieu et place de l’ancienne statue. Tiens donc, on a rasé la statue érigée par l’ancien régime et on la remplace par une…

Source : kanigui

19th janvier 2012

Photo

Tirailleur Africain devenu fou…

Tirailleur Africain devenu fou…

19th janvier 2012

Billet

      Awa marchait de cette manière légèrement chaloupée caractéristique des femmes d’Afrique, une calebasse calait entre sa hanche et sa main droite. A l’orée du bois, dans de hautes herbes, elle aperçut une ombre humaine dressée devant les arbres. Elle reconnue un homme du village. Adama Sempera était vêtu de son uniforme de tirailleur Sénégalais. Accroupi, il creusait la terre rougeâtre. Ces gestes étaient lents, on les sentait remplis d’une grande attention. Awa l’observait attentivement curieuse de comprendre ce qui se tramait là. Adama plongea sa main rougie par la terre dans la poche intérieure de sa veste kaki. Il y sortit une boule de tissu qui semblait envelopper quelque chose. Awa vit le jeune vétéran enterrer l’étoffe. Des larmes coulaient sur les joues de l’homme pendant qu’il recouvrait son secret. La tristesse du soldat avait gagné la voyeuse. Le vétéran enterrait ici un grand malheur dont elle en avait assez vu. Adama Sempera finit sa prière et passa ses deux mains terreuses sur son visage baigné de larmes. Il ne savait pas combien de temps il était resté là, accroupi. Il avait délicatement tassé la terre après y avoir planté une pousse de jujubier. Puis il se releva et fût secoué par une onde de choc! Tout lui revenait, il ne pouvait échapper aux visions d’horreur. Le sifflement des balles, les explosions assourdissantes soulevant le sol et éparpillant les corps, la terre et le sang. Même les hurlements inhumains qui déchiraient les tripes résonnaient encore en lui. Il revoyait la tête éclatée de son ami Issa Traoré, une balle lui arrachant une grande partie de son crâne. Précipité net dans l’autre monde à la suite de cet affrontement face à l’Allemand sur le sol de France en mai 1940. Bataille suivie d’un quinquennat de captivité dans les stalags. Lui et ses camarades Alliés avaient dû subir les humiliations, les privations de l’ennemi Nazi. Durant les hivers, les membres mordus par le froid, priant pour la victoire et un retour sauf au pays. Pendant ces cinq ans, il n’avait cessé de penser à son ami Traoré, enseveli là-bas en France, il ne savait où, si loin de chez eux. Un chant mélancolique se mêlait aux souvenirs du vétéran. Il ne savait si la musique envoûtante de cette voix, déclamant dans sa langue, était réelle. Devenait-il fou? La raison quittait-elle son esprit, emporté par un zéphyr. Il ouvrit les yeux, se redressa et se concentra. Puis, il s’orienta vers le son mélodieux. Adama s’arrêta net devant une vision. Une jeune femme le corps élancé, tendait un bras vers les feuilles qu’elle arrachait à un arbre. Une chanson des temps anciens sortait du fond de sa gorge. Awa sentit qu’on l’observait. Le ton de sa voix diminua pendant qu’elle tournait la tête. Elle posa ses yeux sur le vétéran. Remarquant que les revenants de la guerre avaient tous ce regard légèrement absent. Le chant et la beauté de la jeune Awa Traoré touchaient le jeune homme. Il n’avait plus regardé de femme depuis son retour. Il la salua. Elle lui rendit les salutations de rigueur. La force de la vie rappelait Adama au monde des humains.

«  Qui est malade? » Lui demanda-t-il…

17th janvier 2012

Photo avec 1 note

l’homme qui marche…

l’homme qui marche…

17th janvier 2012

Billet avec 1 note

Le rapt des lémures.

     Sur les routes qui m’avait conduit à Jusqu’à la corne, j’avais été serein. J’idéalisais ce village africain, sûr de ne pas être trahis. J’allais retrouver mon père, déterminé à en savoir plus sur lui. Mon arrivé se fît au crépuscule, sur une petite place entourée de maison de banco. J’étais plongé dans un monde immémorial où l’on monte la terre ocre pour vivre l’intérieur. A la descente de la voiture mes parents m’attendaient. Le grand corps longiligne de Mamadou se rapprocha de moi. Ses grandes mains cagneuses se posèrent sur mes épaules et il m’embrassa affectueusement. Je remarquais qu’il était devenu vieux. Ma mère m’étreint à son tour. Après un accueille chaleureux, la famille s’était faite plus discrète, me laissant m’imprégner du calme que l’endroit avait retrouvé. Après tant de générosité, je fus soudain prît d’une grande fatigue. A l’aide d’une flamme mon père m’indiqua ma couche. Elle se trouvait devant la porte de la case de ma grand mère, au claire de lune. Une moustiquaire enveloppait un matelas posé sur des bâtons ingénieusement assemblées. Je trouvai mon lit confortable et je ne mis pas longtemps à m’endormir. Au cœur de la nuit, je me réveillai en pleine forme. Sous un champs d’étoiles et les yeux ouverts, j’écoutai le tapage inquiétant des animaux. Subitement, deux ombres filiformes firent leur apparition à trois pas de moi. Je restai immobile curieux. C’étaient de grands noirs sans visage. Pareils aux homme qui marche, ils étaient déterminés. J’étais pétrifié. Mon instinct me dictait de rester calme et de ne pas paniquer. Les deux spectres se placèrent à chaque extrémité de ma couche. Je santais leur long doigts m’enserraient les poignets et les chevilles. Je ne parvenais pas à dire un mot, ni à bouger. Ils me levèrent subitement, je ne fus plus qu’une sensibilité flottante et paradoxalement rigide. Ils m’avaient sorti de mon corps. Je fus pris d’horreur et me débattis témérairement. Je sentais leurs mains fermes me manipuler. Désespéré, je me tordais dans tous les sens impuissant. Mais je ne pouvais rien contre leur emprise. Puis, ils me dirigèrent vers le sol. A ma grande surprise, je pénétrai la terre et ma bouche s’ouvrit. Aussitôt, les lémures me relevèrent et me reposèrent dans mon corps avant de disparaître. J’avais cru mourir et emporté en enfer. Mais je me touchai et compris que j’étais toujours vivant. Soudainement, la voix d’un muezzin déchira l’obscurité. Les exhortations à la prière amplifié par un mégaphone résonnaient dans tout l’endroit Elles furent aussitôt rejoins par les autres minarets du village. Je me levai en toute hâte et allai rejoindre Mamadou. Il faisait ses ablutions dans la salle de bain. J’avais envi de prier et je suivit mon père à la mosquée. Sur le chemin du retour, je le questionnai : -“Papa une chose étrange m’est arrivé cette nuit…”. J’expliquai en détail le rapt extraordinaire des deux lémures et lui demandais ce que cela voulait dire. Mamadou me répondit que j’avais fait un rêve macabre. Il me proposa de prendre un bain de plante médicinale…

17th janvier 2012

Photo

Qui si frotte si pique… ;)

Qui si frotte si pique… ;)

17th janvier 2012

Billet avec 1 note

Envie de frais.

     En ce jour de retrouvailles, Michelle prenait des nouvelles de Raymond qui conduisait. Mon frère assis sagement lisait une bande dessiné superman. A travers la vitre de la Peugeot 504 bleue métal, mon regard d’enfant se noyait dans des étendues de verdures. Je découvrais une corne d’abondance. Le soleil de Dakar, ses minarets et ses rues ensablés étaient si loin. Hier encore, je jouais avec des nuées d’enfants dans ses quartiers populaires à la végétation si rare. En France, devant cette nature foisonnante un désir naissait en moi. Je n’avais plus qu’une seule envie, m’immerger tout entier dans cette flore et sentir une fraîcheur inconnue m’envelopper. Ce rêve fut chassé de mon esprit par l’accueil chaleureux de la famille. Mais quand je découvris le jardin de Raymond mon fantasme me repris. C’était un rectangle de gazon bien entretenu d’environ cinquante mètres carrés. Sur la droite au bord de la terrasse , un massif de roses baccara baroques éclatées de pourpre. Ces fleurs m’étaient inconnues et je n’y prêtais guère attention car je recherchais un océan d’herbes hautes. Dans le fond du jardin j’aperçus une petite barrière derrière laquelle j’espérais trouver ce que je désirais. Un univers inconnu s’offrit à moi, nature anarchique où de hautes plantes entremêlées se dressaient les unes contres les autres. Elles étaient mélangées à de plus petites qui semblaient être leurs progénitures. Je l’avais enfin trouvé ce sein de verdure frais. Des centaines de tiges me tendaient leurs milliers de feuilles. J’enlevais en toute hâte mes vêtements. Il fallait que mon corps potelé connaisse une nouvelle sensation dans le contact de ses feuilles. Je plongeai de toutes mes forces, les bras écartés dans cette folle végétation. Un hurlement d’enfant déchira l’air! Ma famille accourue paniquée puis stupéfaite du spectacle que je leur offrais. Tout en pleurant, je sautais sur place la peau attaquée par je ne sais quel venin. Ma mère déclara:- «Ce sont des orties. Ca pique mais il n’y a rien de grave mon petit.». La France et sa sauvage nature venaient de me donner une première leçon…