Assise dans un confortable canapé Michelle observait la piste de danse. Les lumières des spots multicolores traversaient l’obscurité. Des tâches lumineuses balayaient lentement l’espace. Les corps se déhanchaient sur de la musique Motown. La clientèle était ici plus éclectique que dans les endroits où elle avait l’habitude d’aller. Un homme s’approcha d’elle, c’était un noir très élégant dans un joli costume bleue marine. Il se baissa pour lui parler. Michelle tendit le cou en sa direction cherchant à comprendre ce qu’il cherchait. Maliki l’invita à danser et elle accepta. Danser avec un noir pourquoi pas se dit-elle. La curieuse n’était pas attirée par l’individu mais par la couleur de sa peau. Mademoiselle Slembrouck voulait appréhendait l’étrangeté exotique que les noirs évoquaient en elle. Maliki ne cachait pas qu’il cherchait à la séduire. Tout en dansant, il devenait pressant. La jeune femme pris ses distances, il ne l’attirait pas. Elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs et elle retourna s’asseoir. Mélanie vint la rejoindre :
- « T’as dansé avec un noir !? »
- « Oui et alors ? »
- « Ca m’étonne de toi. »
- « Y’ a pas de mal, c’est des humains comme nous, c’était pour voir. »
- « T’as pas eu peur qu’il déteigne sur toi. »
- « T’es conne. Il était trop collant. »
- « Il est venu avec le groupe là-bas. Il y a beaucoup d’étranger ici. »
- « Oui, ils savent mettre l’ambiance. T’as vu quand il fond une ronde et qu’il danse chacun leur tour. »
Michelle vit un noir qui s’approchait d’elle. La jeune femme tourna le dos pensant que Maliki revenait à la charge.
- « Mademoiselle. »
La jeune femme se tourna, un autre noir était devant-elle. Elle le trouva plus séduisant que le premier. Elle répondit en souriant :
- « Oui ? »
- « Tu veux danser ? »
- « Oui. »
Patrick une bière à la main vint s’asseoir prés de sa petite amie.
- « Elle fait quoi Michelle !? »
- « Rien, elle danse, pourquoi ? »
- « Non, pour rien. Je ne la croyais pas comme ça. »
Mamadou avait posé une main sur sa hanche, de l’autre il avait saisit la paume de sa main. De lui, Michelle sentit d’abord ses gros doigts rugueux et chaud. Cette sensation dénotait avec le visage aux trais fins du jeune homme. Malgré ses tallons, Michelle devait lever la tête pour regarder son cavalier, Mamadou pouvait sentir le parfum de sa partenaire et lui trouvait la peau douce. Il dirigeait la danse sur le dernier tube de Marvin Gaye ; « What’s going on ».
Il l’entraînait dans des petits pas suivant le rythme, il lui lâchait la hanche pour mieux la reprendre. Il la regardait et souriait. Les Mothers, brothers et fathers prononçait par Marvin Gaye résonnait dans l’esprit de Michelle. Elle se sentait transporté vers un autre univers qu’elle trouva d’emblé agréable presque familier. Mamadou lui demanda son prénom et elle lui répondit :
-« - Michelle, et toi ? »
Mamadou répéta : -« Misselle. »
La jeune femme se mit à rire.
- « Non Michchelle, avec un che. »
Mais Mamadou n’arrivait pas à prononcer ce son.
« - Misselle. »
Le jeune homme la faisait rire.
« - C’est pas grave, et toi c’est quoi ton nom ? »
- « - James. »
Mamadou et ses amis avait tous des pseudonymes d’artistes ou de héros blacks Us, ça sonnait mieux pour draguer les filles. Les migrants c’était identifié aux Noirs américains. Ils savaient qu’ils descendaient d’esclaves d’Afrique. Ils retrouvaient dans ces musiques une partie de leur culture. Ils la ressentaient dans les rythmes, les mélodies mais aussi dans les voix. Mamadou était fier que des noirs soit reconnus pour leur art en France. Sans comprendre le message politique de ces chansons, il se les accaparait. Michelle aimait aussi beaucoup ces tubes. Elle les trouvait géniale pour danser et s’amuser.
- « Tu viens d’où ? »
- « Du Sénégal. »
- « Pourquoi tu as un nom Américain alors? »
James avait l’habitude de cette question.
- « Les Français ne savent pas dire mon nom. »
La vraie raison c’est que son nom déclancher régulièrement chez les blancs des rires qu’il n’aimait pas.
- « Dis le moi, je serai le dire moi. »
- « Non, je ne veux pas. »
- « Je te connais, tu vas te moquer de moi. »
- « Pourquoi ? »
-« Les français sont comme ça. »
- « Dis moi ton nom, je me moquerais pas. Je te le promet.»
- « C’est Mamadou. »
Elle répéta Mamadou et ne pût s’empêcher de pouffer, mais quand ses yeux rencontrèrent de nouveaux le regard de James elle comprit qu’il c’était fermé.
- « Excuse moi Mamadou, je ne voulais pas me moquait de toi. Je suis bête mais on n’a pas l’habitude des prénoms comme ça ici. »
- « C’est pas grave, je connais les français.» le regard du jeune homme était devenu froid et pénétrant.
- « Faut pas juger trop vite, y’a français et Français. Moi je suis une bonne Française Mamadou. » Par cette pirouette Michelle pensait s’en sortir.
James se mit à rire
- « C’est quoi un bonne Française !? »
- « C’est une Française qui est gentil avec les Etrangers. »
- « Comment t’es gentil avec les Etrangers toi !? »
Michelle saisit la main de Mamadou et répondit :
- « Je danse avec eux. »
Dans nos vies, l’image, le son et les mots disposent d’éclérage allant jusqu’à l’émotion.
Elles peuvent alors se confondre à la mémoire et la perception.
Nos âmes peuvent devenir des songes instructifs plus ou moin longs.
Chez les auteurs lectures et écriture se confonde. Comme dirait un universaliste:
- “Comment puis-je démêler les génerations de mes expériences et étoffer le lien avec l’autre?”
C’est dans ces espaces aux perspectives infinies que prend naissance mon travail.
Plus d’une fois ma créativté avide à été propulsé aux frontières de la vie.
Là, je devais revenir des mondes pour les transmettre aux miens,c’était le prix pour les regagner.
J’ai donc voyagé et gardé ces univers pour les miens.
Nous prenons vie dans l’espace entre les hommes comme nous rêvons, c’est une loi universelle.
J’ai donc grandi, marché et construit des liens pour notre communauté humaine.
Tout se tient n’est se pas?
Mon héros par le biais du rêve va renouer avec son passés multiculturel “Afro ch’ti”.
D’une tragédie, Ibrahima file des personnages et modèle des mondes dans un réçit aux émotions
et leçons que je voudrais univrselles. Succédant à une fin originale, les chapîtres se suivent reliant des styles
pour mieux transmettre une histoire parfois suréaliste presque mais pas pataphisyque.
Je façonne donc des univers heuristiques pour des lectrices et lecteur à la pensé éfervéscente.
Diaporama reblogué depuis I look fine and smell legit avec 10 251 notes
Bodyscapes by Allan Teger. Allan uses nude bodies as the landscape backdrop for his miniature scenes. The tasteful black and white images make interesting and fun use of the nude body, sometimes in a very obvious way and other times in a more subtle way
Billet avec 4 notes
Ce fût un mois après mon retour de Jusqu’à la corne que les rêves commencèrent. J’en sortais toujours la peau aqueuse et l’esprit embrouillé. Le premier songe que je notai m’avait transporté en mon enfance à Dakar en 1982. Mais la nuit suivante ce fût un tout autre rêve qui m’emporta et me ramena agar. Il m’avait conduit dans un bois où une vielle femme décharné m’attendait. Le vent s’était levé et faisait chanté les feuilles, j’avais devant moi ma grand mère Awa. J’avais déja scruté ce visage sur une photo jaunie. Elle plongea la main dans un sac et en sortie une calebasse. Un autre homme apparût. Je reconnu l’homme qui était partis en brousse à Jusqu’à la corne. Il me salua, se saisit de la calebasse et se mit à écrire des inscription que je ne pouvais lire. Puis il me tendit le bol végétal mais je ne pouvais le saisir. J’étais limité dans mon rêve. Dans un semi réveille, je pensai à ma famille. A la suite de plusieurs songes intenses, je décidais de contacter Michelle. Elle me parla d’un secret du côté de mon père. Elle ne pouvait en dire plus de si loin. Deux semaines plus tard, je recevais une longue lettre…
Lien reblogué depuis Le blog de Kanigui avec 10 notes
Cette semaine je suis passé au carrefour Saint Jean dans le quartier chic de Coco à Abidjan et mon attention à été attirée par les travaux de construction d’une fontaine en lieu et place de l’ancienne statue. Tiens donc, on a rasé la statue érigée par l’ancien régime et on la remplace par une…
Awa marchait de cette manière légèrement chaloupée caractéristique des femmes d’Afrique, une calebasse calait entre sa hanche et sa main droite. A l’orée du bois, dans de hautes herbes, elle aperçut une ombre humaine dressée devant les arbres. Elle reconnue un homme du village. Adama Sempera était vêtu de son uniforme de tirailleur Sénégalais. Accroupi, il creusait la terre rougeâtre. Ces gestes étaient lents, on les sentait remplis d’une grande attention. Awa l’observait attentivement curieuse de comprendre ce qui se tramait là. Adama plongea sa main rougie par la terre dans la poche intérieure de sa veste kaki. Il y sortit une boule de tissu qui semblait envelopper quelque chose. Awa vit le jeune vétéran enterrer l’étoffe. Des larmes coulaient sur les joues de l’homme pendant qu’il recouvrait son secret. La tristesse du soldat avait gagné la voyeuse. Le vétéran enterrait ici un grand malheur dont elle en avait assez vu. Adama Sempera finit sa prière et passa ses deux mains terreuses sur son visage baigné de larmes. Il ne savait pas combien de temps il était resté là, accroupi. Il avait délicatement tassé la terre après y avoir planté une pousse de jujubier. Puis il se releva et fût secoué par une onde de choc! Tout lui revenait, il ne pouvait échapper aux visions d’horreur. Le sifflement des balles, les explosions assourdissantes soulevant le sol et éparpillant les corps, la terre et le sang. Même les hurlements inhumains qui déchiraient les tripes résonnaient encore en lui. Il revoyait la tête éclatée de son ami Issa Traoré, une balle lui arrachant une grande partie de son crâne. Précipité net dans l’autre monde à la suite de cet affrontement face à l’Allemand sur le sol de France en mai 1940. Bataille suivie d’un quinquennat de captivité dans les stalags. Lui et ses camarades Alliés avaient dû subir les humiliations, les privations de l’ennemi Nazi. Durant les hivers, les membres mordus par le froid, priant pour la victoire et un retour sauf au pays. Pendant ces cinq ans, il n’avait cessé de penser à son ami Traoré, enseveli là-bas en France, il ne savait où, si loin de chez eux. Un chant mélancolique se mêlait aux souvenirs du vétéran. Il ne savait si la musique envoûtante de cette voix, déclamant dans sa langue, était réelle. Devenait-il fou? La raison quittait-elle son esprit, emporté par un zéphyr. Il ouvrit les yeux, se redressa et se concentra. Puis, il s’orienta vers le son mélodieux. Adama s’arrêta net devant une vision. Une jeune femme le corps élancé, tendait un bras vers les feuilles qu’elle arrachait à un arbre. Une chanson des temps anciens sortait du fond de sa gorge. Awa sentit qu’on l’observait. Le ton de sa voix diminua pendant qu’elle tournait la tête. Elle posa ses yeux sur le vétéran. Remarquant que les revenants de la guerre avaient tous ce regard légèrement absent. Le chant et la beauté de la jeune Awa Traoré touchaient le jeune homme. Il n’avait plus regardé de femme depuis son retour. Il la salua. Elle lui rendit les salutations de rigueur. La force de la vie rappelait Adama au monde des humains.
« Qui est malade? » Lui demanda-t-il…
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